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#42 – La cuisine de Manon et Thomas, Paris, 53m2

appartement parisien

“Je travaille dans le bâtiment, mais ma vraie passion c’est la cuisine” – tels sont les mots que Manon m’avait écrit dans son premier mail de contact. Ses mots m’ont fait sourire. J’aime ce genre de rencontre hasardeuse. Jamais dans une autre vie je n’aurais eu la chance de rencontrer Manon si je n’avais pas lancé Inside Kitchen Project. Et aujourd’hui, grâce à ce projet, je rencontre des personnes incroyables aux histoires incroyables et aux destins de dingue.

Il nous a fallu un petit quart d’heure de “rodage” avec Manon pour nous détendre et nous ouvrir. Il y a des contacts qui passent tout de suite, même à travers des emails, et d’autres qui prennent un peu plus de temps. De fait, je ressens toujours et à chaque fois cette montée d’adrénaline avant de sonner à la porte d’un(e) inconnue et de commencer un shooting. Manon n’a pas fait de formation en cuisine, mais a suivi une formation scientifique. De ce parcours, elle a gardé l’envie de comprendre le pourquoi du comment de ce qu’elle cuisinait (notamment quand ça ratait !). Petit à petit, elle a commencé à dépasser le stade de la compréhension logique et se laisse porter par ses envies créatives, ose l’audace pour faire ses associations de saveurs. Son gâteau Fantastik Cassis Cacahuètes en est la preuve (spoiler !).

J’ai aussi eu la chance de rencontrer Thomas, journaliste épicurien qui partage la vie de Manon. Je me souviens encore de notre discussion hyper enrichissante sur la politique, le marathon, le tour de France et son récit passionnant d’un voyage avec Pierre Hermé himself.

Comme vous pouvez le constater en voyant les photos, ce shooting a été réalisé cet été sous un temps magnifique. On est un peu en décalage météorologique mais cela fait d’autant plus plaisir de voir ces rayons de soleil, la bonne humeur sur le visage de Manon et Thomas, et de nous imaginer bientôt sur un balcon en train de profiter d’un café… Très bonne lecture en attendant le soleil 😉

#1 – Quelle est ta relation avec ta cuisine ?
C’est un peu MA pièce. J’y passe pas mal de temps. Je l’aime bien car, grâce à la grande fenêtre, elle est très lumineuse et il y a une vue sur la verdure. Malheureusement comme elle n’est vraiment pas grande et que c’est une cuisine séparée, ce n’est pas ma pièce préférée de l’appartement.

#2 – Depuis un an, avec Thomas vous recevez des personnes du monde entier dans votre cuisine lors des dîners EatWith. Qu’est-ce que vous leur faites à manger ? Est-ce que la conception est différente de quand vous recevez tes amis ?
Je propose deux dîners différents via EatWith. Depuis deux ans, je propose un menu à table avec amuses bouches, une entrée, un grand plateau de fromage et un dessert le tout accompagné de vins.
Et depuis le printemps 2015, Thomas et moi proposons un autre dîner qui est un pique-nique itinérant en scooter dans Paris : Le Scooter Ride Dinner in Paris. L’apéro se fait à la maison puis nous partons à travers Paris en scooter vers trois lieux différents où nous dressons notre nappe à pique-nique et où nous servons dans le premier lieu l’entrée, sur le deuxième site le plat, puis le dessert lors du 3ème arrêt, le tout accompagné de vins également.

Lorsque je me suis lancée dans cette aventure EatWith c’était avant tout pour partager ma vision de la gastronomie française. Je cuisine donc exclusivement des plats au goût bien français et pour le pique-nique itinérant, il faut que les plats soient froids, transportables et mangeables facilement.
A l’inverse, lorsque je reçois mes amis ou ma famille je n’ai pas de contrainte. Je cuisine de tout, en fonction de mes envies, des envies de mes amis, du pays d’où je rentre de vacances (j’aime bien faire des soirées sur le thème du pays de mes vacances), de la saison, de ce que je trouve sur le marché…

#3 – Où vas-tu faire les courses ?
J’aime pouvoir raconter d’où viennent les produits qui composent mon plat quand je le présente à table.
Du coup, lorsque je le peux, je rapporte des produits du jardin de ma grand-mère (oseille, framboises, fraises, pommes, rhubarbe,…). Ce sont des produits que je cultive et qui ont donc une histoire.
J’attache aussi pas mal d’importance à cuisiner des produits locaux et de saison. Je passe très souvent commande par le site KELBONGOO. C’est un circuit de distribution court (du producteur au consommateur sans les dizaines d’intermédiaires qu’il peut y avoir dans les supermarchés), qui vend des produits de Picardie (donc locaux pour éviter la pollution due aux transports).

#4 – Quelques adresses gourmandes à nous conseiller ?
Je conseille toujours à nos invités étrangers de passer faire un tour chez Pierre Hermé pour manger un macaron Mogador. C’est de loin ma pâtisserie préférée. Lorsque je l’ai goûtée pour la première fois, ça m’a fait comme explosion en bouche.

#5 – C’est quoi la faute de goût pour un plat / un repas quand on reçoit à la maison ?
On ne peut pas vraiment dire que c’est une faute de goût, mais il m’arrive de temps en temps de me foirer dans la présentation de mes desserts. Le dernier en date : un Paris-Brest avec le chou qui est retombé et la crème qui n’est pas montée. Le goût était là (heureusement), mais pas la forme… Je ne savais plus où me mettre, mais les invités ont été sympas et m’ont quand même dit que c’était bon !!
Quant à la faute de goût pour le repas en général, c’est de faire un repas trop lourd, trop gras. J’essaie toujours d’équilibrer le menu pour ne pas sortir de table avec le ventre trop lourd : pour mon menu à table, comme le plat principal est composé d’un plateau de fromage, l’entrée et le dessert seront plutôt à base de fruits et légumes.

#6 – Peux-tu décrire ta cuisine en quelques mots ?
Ma cuisine est petite, mais optimisée et lumineuse. Tout a sa place et ne doit pas en sortir au risque de tout désorganiser. Ça demande une certaine rigueur surtout au niveau de la vaisselle !!

#7 – Quels sont tes ustensiles et livres de cuisine préférés ?
Il y a mon robot multifonction : mixeur, batteur et mixeur plongeant. Je l’utilise à peu près pour tout !! Et il est parfait pour une petite cuisine.
Il y a aussi ma spatule double face que j’utilise à chaque fois que je pâtisse.
Et pour éplucher, couper, désosser… il y a LE couteau. Certains ont un couteau spécifique pour chaque utilisation, celui-là me sert à tout.

Concernant les livres, celui de Pierre Hermé a une valeur bien particulière pour moi. J’ai commencé à entendre parler de lui il y a environ 15ans dans de nombreux magazines féminins que lisait ma mère. Lorsque j’ai enfin pu goûter à ses macarons, ça a été une révélation, une explosion de saveurs.
Si “Le répertoire des saveurs de Niki Segnit me permet d’avoir l’association des saveurs, le livre “La cuisine expliquée de Charles Gilles” me montre la technique. Et pour finir, j’adore le magazine Vital Food, il propose des recettes de saison, avec des recettes abordables, et surtout des articles sur les bienfaits des aliments sur notre santé. Ça correspond à mon état d’esprit en cuisine.

#8 – Qu’est-ce qui manque dans ta cuisine ?
Quelques m² de plus pour agrandir le plan de travail, ajouter des rangements et surtout pouvoir installer un lave-vaisselle. Lorsque je cuisine, la place est tellement restreinte que si je ne fais pas la vaisselle au fur et à mesure ça devient vite impossible de faire quoi que ce soit. Du coup j’ai parfois l’impression de passer plus de temps à faire la vaisselle qu’à cuisiner !

#9 – Peux-tu nous donner quelques astuces pour mieux organiser sa cuisine ?
Etant donné la taille de notre cuisine, nous sommes devenus experts en optimisation de rangement. Tout doit être encastrable, empilable, repliable pour gagner le plus de place possible. J’essaie aussi beaucoup de cuisiner avec les produits que nous avons déjà en stock pour éviter de cumuler les restes de produits d’épicerie. Par exemple, s’il reste 200g de farine de châtaigne, ma contrainte est de cuisiner quelque chose dont la recette utilise cette farine et pas une autre qu’il faudrait acheter.

#10 – Ce serait quoi la cuisine de tes rêves ?
La cuisine de mes rêves est une grande cuisine ouverte. Aujourd’hui la nôtre est à l’écart par rapport au salon, du coup je suis coupée des invités lorsque je dois finir un plat à la minute.
Une cuisine ouverte me permettrait de continuer à papoter avec Thomas ou avec mes invités mais aussi de montrer et expliquer ce que je fais. Ça deviendrait un show !!!

#11 – Quels sont tes projets à venir qui auraient un lien avec la nourriture ?
Nous avons développé cette année le Scooter Ride Diner in Paris sans trop savoir si ça allait fonctionner. Ça a eu un franc succès, nous avons même été suivis par une équipe de TF1 pour l’émission « Sept à Huit » !!
Pour le moment on fait ça comme un passe-temps, mais on se demande si ça ne vaudrait pas le coup de tenter l’aventure à plus grand échelle…