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#40 – La cuisine de Janette, Paris, 89m2

Chez Janette Spalter

Il y a des personnes qui vous désarment en un sourire. Et Janette fait partie de ces gens là. A chaque fois que je la croise (on habite dans le même quartier), son sourire lumineux m’inonde de bonheur. Elle me touche par sa douceur d’être, sa façon de rougir dès qu’une émotion la traverse, sa simplicité et sa gentillesse.

Le jour de notre shooting, Janette m’a ouvert les portes de son appartement…en pyjama. Devenant rouge écarlate au moment de me voir, elle s’embarque dans un fou rire tout en s’empressant de s’excuser mille fois de m’accueillir dans un état pareil. “Je voulais nettoyer l’appart avant que tu arrives puis je n’ai pas vu l’heure”. Un an et demi après le premier shooting, je suis ravie d’avoir encore des surprises et des fous rires comme ça à vous raconter.

Janette a des yeux bleus magnifiques. Dans une autre vie, j’aurais adoré avoir ses yeux. Ils sont à la fois doux et expressifs, tout comme sa façon de s’exprimer. Je me suis assise longuement dans sa cuisine pour l’écouter pendant qu’elle préparait le gâteau. Ce jour là, c’était le dernier jour de Pessah – les Pâques juives. On a parlé de la cuisine traditionnelle juive, elle m’a raconté son enfance, l’histoire de sa famille, sa grand-mère qui lui a tout appris en cuisine. “Pour elle, la cuisine était une façon de montrer son amour à sa famille. Alors elle cuisinait beaucoup, en grosse quantité pour tout le monde”. Elle m’a parlé de la tradition des ashkénazes, de la cérémonie de Pessah, des plats qui lui évoquent de jolis souvenirs…

Cette séance photo a eu une autre saveur avec la participation active d’Iris, la fille de Janette. Petite choupinette au regard malin, elle s’agitait autour de la cuisine, posait plein de questions, observait sa maman, la “cadrait” et persistait pour faire le gâteau avec elle. Elle m’a même emmené dans sa cuisine à elle pour me faire des gâteaux (en plastique of course :)) ).

Un grand merci à Janette pour sa douceur et son envie de partager. J’ai adoré écouter ses histoires. Et aussi merci à Sacha, son fils aîné qui m’a donné ma première leçon d’échecs ce jour-là 🙂

#1-Quelle est ta relation avec la cuisine ?
C’est un peu bizarre parce ce qu’elle n’est pas du tout à mon goût en termes de décoration. Je ne suis pas très fan de la couleur des placards ni de celle des plans de travail. Un jour quand j’en aurai le courage, je repeindrai les placards.Mais cela fait plus que 7 ans que nous vivons ici et j’apprécie le fait que notre cuisine est plus grande que la majorité des cuisines à Paris et qu’il y a beaucoup de rangements. Les plans de travail sont faits d’une sorte de céramique, donc très faciles à nettoyer et parfait pour rouler la pâte dessus !
C’est une pièce dans laquelle j’aime bien passer le temps. J’adore le vue par la fenêtre sur les toits de Paris et les arbres du cimetière Père Lachaise.

#2-Est-ce que ta cuisine actuelle ressemble-t-elle à celle de ton enfance ?
Un petit peu en termes du style des placards mais la cuisine de mes parents est beaucoup plus grande ! Quand j’étais petite ils avaient un grand placard – un vrai garde-manger avec des étagères carrelées. C’est là ou ils stockaient tous les produits d’épicerie. Il y avait des petites étagères pour les épices dans des petits bocaux; tout en haut ma mère stockait farine, sucre et des sucreries. Les pommes de terres et oignons étaient dans une grande boîte en metal, en bas dans un coin. J’avais toujours envie d’avoir un grand placard comme cela. Maintenant j’en ai un !

#3-Tu es anglaise et tu vis à Paris depuis quelques années. Quand tu as le mal du pays, que fais-tu à manger pour te réconforter ?
Je suis un cliché mais un véritable thé à l’anglaise avec son petit nuage de lait, cela peut tout améliorer ! Et une tartine grillée au beurre et au Marmite. Le Marmite est une pâte à tartiner anglaise à base de levure – bizarre mais trop bon !

#4-Que ressens-tu quand tu cuisines ?
J’ai passé beaucoup de temps dans la cuisine de ma grand-mère quand j’étais petite. Je pense souvent à elle quand je cuisine. Elle était une super cuisinière et même si cela fait 20 ans qu’elle n’est plus là, je me souviens toujours de ses plats. Cuisiner, c’était sa façon de montrer son amour pour sa famille. Je pense que je suis pareille.
Si j’ai la possibilité de prendre mon temps pour cuisiner, hacher et couper, c’est comme une sorte de médiation. J’adore qu’il y ait une part d’alchimie, j’aime bien tester et expérimenter pour voir si je peux améliorer un plat. C’est mon laboratoire. Parfois ça marche, parfois pas !

#5-Quelle saveur conviendrait la mieux pour te qualifier ?
Aigre-doux. Comme les cornichons à la russe. Un peu amer, un peu sucré avec une petite pointe de poivre et de l’aneth.

#6-Dirais-tu que ta façon de cuisiner a changé depuis que tu habites à Paris ?
Oui, je suis plus consciente de respecter les produits de la saison. Avant de venir en France j’ai toujours vécu à Londres où il y a d’énormes supermarchés avec des produits qui viennent de partout dans le monde. Là-bas, on trouve des fraises en Décembre mais elles n’ont aucun goût!
Je suis aussi devenue experte des boulangeries un coin. Il y en a certaines où j’aime acheter mon pain et d’autres qui ont les meilleures pâtisseries.

#7-Est-ce que la cuisine (en générale) et la cuisine juive (en particulier) sont les héritages que tu souhaites transmettre à tes enfants plus tard ?
Oui, la cuisine juive c’est pour moi un des liens les plus forts de mon héritage. Dans ma famille nous avons toujours mangé des plats liés aux différentes fêtes et nous célébrons avec de grands repas familiaux.
Surtout je vais transmettre le secret du plat de mon arrière grand-mère. Elle était traiteur à Vienne et sa spécialité était un plat qui s’appelle Bulbanick – une sorte de grande galette de pomme de terre cuite au four.

#8-Quel est le plat que tu as fait qui a récolté le plus de succès ? Et un souvenir de recette ratée que tu n’oublieras pas ?
A chaque fois que je cuisine le plat qui s’appelle Imam Bayaldi (une recette turque d’aubergines farcies) mes invités me demandent la recette.

La recette ratée que je n’oublierais jamais n’était pas la mienne mais c’est un souvenir très fort. C’était le jour du quarantième anniversaire de mon père et ma mère préparait des plats pour une grande fête. Elle a fait des petites meringues et elles étaient parfaites donc elle était très fière. Elle a demandé à mon père de les sortir du four. Il a mal pris le plateau et tout s’est renversé par terre. J’avais cinq ans mais j’en souviens toujours !

#9-Quels sont tes ustensiles fétiches en cuisine ?
J’aime bien ramener des ustensiles de cuisine de mes vacances. Les couteaux viennent du Japon où nous avons fait notre voyage de noces, donc ils ne sont pas que de très bons outils mais aussi de très bons souvenirs. J’aime bien les outils bien pensés qui sont simples mais qui fonctionnent bien. J’ai une petite obsession avec les outils et objets en bois et en metal émaillé. J’en ai trop !

#10-Comment tu as trouvé cette séance de shooting dans ta cuisine ?
Super même si je suis timide devant l’appareil photo ! C’était vraiment un plaisir de te rencontrer. Je suis très impressionnée par ta passion et j’espère qu’on aura l’occasion de prendre un verre ou de manger ensemble.